C'était un 24 mai... 1926 !
Aux portes de l'été météorologique, l'ambiance est quasi hivernale dans le Nord-Est... Dès le matin, la fraîcheur est généralisée ! Avec des minimales partout inférieures à 10°, et le plus souvent comprises entre 0 et 5°...

Zurich, située à seulement 400m d'altitude, se réveille sous quelques centimètres de neige ! A la grande stupeur des habitants...

Durant la nuit, des flocons humides et lourds se sont agglutinés sur les branches déjà en feuilles ! Un poids que les ramures ne peuvent toujours supporter... De nombreux arbres sont mutilés, et certains éclatent littéralement !

La végétation a de quoi être "traumatisée" ! Outre la neige, c'est une chute vertigineuse de 20° des maximales en moins de 48 heures...

Si les températures regagnent quelques degrés en journée, elles restent indignes de saison ! La maximale plafonne à 7,2° à Mulhouse... Certes, le record mensuel de fraîcheur est de 6° ! Mais celui-ci a été enregistré un 4 mai en 1987, au tout début de mois donc...

Le lendemain, au-dessus de Pontarlier, les montagnes du Jura sont encore blanches...

En quelques jours seulement, ces régions sont passées d'une situation anticyclonique avec un puissant flux de sud sec et chaud...

... à un flux de nord ouest dépressionaire frais et humide ! D'un temps quasi estival à une ambiance quasi hivernale...

Deux phénomènes annexes sont venus accentué ces contrastes ! Dans un premier temps, l'effet de foehn sur les Alpes Suisses, qui vaut à Zurich cette maximale de 30,5° le 21 mai...

Deux jours plus tard, malgré une température faiblement positive, c'est l'isothermie qui permet à la limite pluie-neige de s'abaisser plus que de raison ! Sous les plus fortes précipitations (plus de 36 mm à Zurich le 23 mai), elle provoque un abaissement de la limite pluie-neige...

Circonstance aggravante, ces deux phénomènes se sont succédés en un temps particulièrement bref !
Reynald ARTAUD