C'était un 24 septembre... 1928 !
Nous ne sommes qu'au début de l'automne... Pourtant, les gelées sont bien présentes du Sud-Ouest au Nord-Est ! Et les records mensuels de froid se ramassent à la pelle, avec respectivement : 5° à Perpignan, 0,8° à Poitiers, 0,2° à Lyon, -1,6° à Dijon, -1.8° à Bordeaux, et jusqu'à -3° à Clermont-Ferrand...

Pour trouver des minimales supérieures à 10°, il faut aller au-delà de nos frontières ! A l'exception notable de la Corse... L'accoutrement de jeunes filles prenant la pose pour une photo de groupe trahit bien la fraîcheur ambiante !

Entre un anticyclone en Atlantique Nord et une dépression en Mer Adriatique, un flux de nord-est s'est établi...
Une masse d'air polaire glisse alors des hautes latitudes vers la France ! Si l'on ajoute à cela des vents faibles et une nuit dégagée, on comprend la chute nocturne des températures et les nombreux records battus...

Cette descente d'air froid rencontre de l'air chaud qui s'est chargé en humidité au-dessus des eaux tièdes de la Méditerranée...

Lorsque ces masses d'air entrent se rencontrent, l'air chaud s'élève dans l'air froid d'altitude ! Son humidité se condense et se transforme en nuées orageuses...

Poussés par le vent marin, les orages se bloquent et se déversent sur les reliefs !

En cette fin septembre 1928, on retrouve une telle configuration... Ce phénomène connu et redouté est appelé "épisode cévenol" ou "épisode méditerranéen" !

Du 25 au 29, on relève ainsi des cumuls conséquents dans les Hautes-Alpes... Jusqu'à 336 mm à la Chapelle-en-Valgaudemar !

Sur des terres durcies par la sécheresse estivale, de tels abats d'eau entraînent un fort ruissellement, puis des crues aussi soudaines que violentes... C'est ainsi qu'un paisible torrent, le Couleau, se transforme en flots dévastateurs qui laissent derrière eux des amoncellements de gravats ! Et d'importants dégâts matériels...

Reynald ARTAUD