C'était un 27 novembre... 1890 !
Une vague de froid précoce et intense... Tout commence par des chutes de neige ! Certes, elles n'ont rien d'exceptionnel en cette saison dans le Nord-Est... Mais en l'espace de 24 heures, une couche de 20 cm recouvre Besançon et sa citadelle ! C'est alors qu'une bise glaciale se lève...

Dès le matin, il gèle sur quasiment tout le Pays ! On relève jusqu'à -11,2° à Strasbourg... Mais c'est surtout dans l'après-midi que les températures sont remarquables ! A l'exception de la Bretagne, du Pays Basque et du pourtour méditerranéen, le mercure ne dépasse guère 0°...

Besançon n'enregistre pas plus de -7° ! Hors zones montagneuses, cette maximale est la plus basse jamais enregistrée en France au mois de novembre... Pour les autres stations, il s'agit bien souvent du record mensuel absolu de froid en journée ! Comme à Strasbourg avec -6°, ainsi qu'à Bordeaux et Toulouse avec -2,5°... Celui de Paris date du lendemain 28 novembre avec une maximale de -5,1° !

Sur le graphique des températures de Besançon, on distingue une chute brutale de près de 20° à la fin du mois ! En incluant le 1er décembre, c'est une série de 6 jours consécutifs sans dégel...

Toute le continent est sous l'influence du fameux "Moscou-Paris" ! Un puissant anticyclone scandinave a "fusionné" avec celui des Açores...

A la suite d'une perturbation neigeuse, un vigoureux flux d'est en provenance de Russie balaye l'Europe ! A 1500 m d'altitude, il fait entre -12° et -20° sur toute la moitié Nord du Pays...

Une masse d'air sibérienne, des sols enneigés ainsi qu'un vent soutenu : tous les ingrédients sont réunis pour entraver le réchauffement diurne et faire tomber les records !
Reynald ARTAUD